Château de Bouges

Bouges-le-Château (36 - Indre)

Si le domaine de Bouges existe depuis au moins le 10e siècle, le château qui s'y dresse de nos jours est une construction de la moitié du 18e siècle. Vers 1765, Leblanc de Marnaval, riche maître de forges et de filatures originaire de Champagne fait édifier à l'emplacement de l'ancienne maison forte une demeure à l'italienne, dont les similitudes avec le Petit Trianon sont troublantes. Mais ce projet ambitieux, doublé de jalousies portées devant la justice conduisent Marnaval à la faillite, l'obligeant à vendre le château en 1779. Un temps propriété du marquis de Rochedragon, le domaine de Bouges est acquis en 1818 par Charles Maurice de Talleyrand-Périgord. Situé à proximité de son château de Valençay, il met Bouges à disposition de Dorothée de Courlande, duchesse de Dino, épouse de son neveu Edmond de Talleyrand, et devenue par la suite sa propre compagne. Revendu par Talleyrand en 1826, le château de Bouges connaîtra plusieurs propriétaires successifs, mais ce sont les derniers d'entre eux qui marqueront de leur empreinte le domaine tel que nous le connaissons aujourd'hui. En 1917, Henri Viguier, propriétaire du Bazar de l'Hôtel de Ville se porte acquéreur du château, dépouillé de tout son mobilier, de ses tapisseries et même des éléments de menuiserie. L'épouse de l'homme d'affaires, Renée Viguier va s'atteler à redonner vie à ces lieux, en remeublant et redécorant de boiseries les différentes pièces, avec une prédilection toute particulière pour l'ingénieux mobilier de style anglais. De son côté, Henri Viguier, grand passionné de sport équestre fait réaménager les communs, abritant ainsi de luxueuses écuries ainsi qu'une remarquable collection de voiture hippomobiles. Les époux amènent également au château tout le confort moderne : eau courante, électricité, chauffage central... Sans descendance, ils se décident à léguer le domaine de Bouges aux Monuments Nationaux en 1966 avec comme condition particulière de le laisser en l'état. C'est ainsi que le château que nous pouvons admirer aujourd'hui reste fortement empreint du passage de ses derniers propriétaires, qui ont su le faire revivre et l'adapter aux modes de vie du 20e siècle...

Talleyrand

Charles-Maurice de Talleyrand
(1754 - 1838)

Duchessedino

Dorothée de Courlande, duchesse de Dino
(1793 - 1862)

 

Infos pratiques
 

  • Accès : le château de Bouges est situé au cœur du village homonyme, assez bien jalonné depuis Valençay ou Châteauroux. Un parking est situé dans le prolongement de l'allée cavalière, avec vue imprenable sur le château !

  • Organisation de la visite : le château est en visite guidée uniquement, il est donc nécessaire de se renseigner sur les horaires précis avant de se rendre dans le domaine. Les photos sont autorisées dans les intérieurs, sans flash.


www.chateau-bouges.fr
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Jardinremarquable

 


Ma visite du château

 

Le Trianon du Berry... Ce surnom sied à merveille au château de Bouges tant les lignes épurées et régulières se dévoilent au gré des perspectives qu'offrent les jardins. Conçu dans une symétrie parfaite, l'édifice offre des similitudes avec les demeures de plaisance italiennes. Chaque façade présente une conception identique : de hautes fenêtres disposées sur et autour d'un faux avant-corps surmonté d'un fronton. Celui faisant face à l'allée cavalière porte d'ailleurs les armes de la famille Marnaval, à l'origine de la construction du château.

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Côté jardin, le rez-de-chaussée s'ouvre sur le hall d'honneur, qui, tout en offrant une perspective sur le parc et son bassin faisait office d'antichambre des appartements des Marnaval. La chambre d'honneur, ancienne chambre de Madame de Marnaval est tendue de tissu à fleurs, assorti aux tentures du lit à la polonaise. Ces motifs floraux, que l'on retrouve un peu partout dans le château reflètent la passion de Renée Viguier, qui ainsi redécora de nombreuses pièces selon ses goûts. Beaucoup plus sobre avec ses boiseries en chêne, le cabinet de travail d'Henri Viguier est l'ancienne chambre de Monsieur de Marnaval. Dans une pièce contiguë à ce cabinet, Renée Viguier fit aménager un boudoir. Enfin, ouvrant sur le cabinet de travail par une porte dérobée, le salon bibliothèque fut tour à tour office pour la salle à manger puis salon de musique.

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Sur la façade occidentale du château, la salle de jeux, ancienne salle à manger des Marnaval ouvre sur le grand salon. Il abrite notamment depuis peu un splendide piano Pleyel. De l'autre côté de la salle de jeux, la salle à manger était occupée par une chambre à l'époque des Marnaval. La table d'époque Louis XVI offre une modularité avant-gardiste, pouvant grâce à des rallonges accueillir jusqu'à 30 convives...

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Avant d'aborder le premier étage, il convient de s'attarder sur le vestibule d'où part l'escalier, et qui représente la pièce centrale du château. Une verrière, percée au 19e siècle à la place d'un lanternon apporte une lumière naturelle en toute saison. À l'époque révolutionnaire, des balustres en bois peint, donnant une imitation de la pierre vinrent remplacer les anciennes rampes de fer forgé. Un moindre mal pour le château, qui ne subira pas d'autres dommages...

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Sur le côté oriental du château, l'atelier des Viguier occupe l'ancienne antichambre des appartements de la fille de Marnaval. Véritable pièce à vivre des époux Viguier, le mobilier rappelle leurs diverses occupations : lecture, écriture ou encore dessin avec le fauteuil d'aquarelliste de style "à la cathédrale". Ouvrant directement sur cette pièce de séjour, la chambre de Mme Viguier fut notamment occupée auparavant par le marquis de Rochedragon ou encore l'illustre Talleyrand. Elle fit néanmoins ajouter un cabinet de toilette et une pièce d'eau. Depuis cette dernière, une porte discrète relie la chambre de M. Viguier, aux tons beaucoup plus sobres.

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Côté occidental, la chambre Louis XVI donne directement sur le vestibule du premier étage. Un majestueux lit à la polonaise en damas y trône, et sa couleur vive est une évocation de l'ancienne chambre rouge située au rez-de-chaussée. Depuis le vestibule, un étroit couloir conduit à la chambre aux Perroquets, dont l'alcôve dissimule un escalier desservant les entresols. Les époux Viguier n'ayant pas eu d'enfants, cette chambre fut destinée à leur filleul. Dans son prolongement, la chambre bleue aménagée dans un ancien cabinet et dotée d'une salle de bains était destinée à la gouvernante.

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Dans le domaine, Henri Viguier fit aménager les communs pour sa passion du sport équestre : les écuries et les selleries en témoignent de nos jours. De son côté, Renée Viguier, passionnée de fleurs, fit transformer l'ancien potager en jardin de fleurs, où des serres accueillent des plantes tropicales.

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Mes impressions de visite :  ****

Lorsque l'on visite le château de Valençay, situé à deux pas, le domaine de Bouges est souvent évoqué pour rappeler qu'il fut acheté par Talleyrand pour sa compagne la duchesse de Dino. Sa visite est donc un prolongement tout naturel à Valençay, même si, il faut l'avouer, Talleyrand n'a pas véritablement marqué de son empreinte le château de Bouges. L'aménagement et la décoration des pièces ne datent en effet que du 20e siècle et sont dus aux derniers propriétaires des lieux, mais retranscrivent parfaitement l'histoire de cette demeure de plaisance du 18e siècle. Aujourd'hui propriété de l'État, le château de Bouges est intégré au réseau des Monuments Nationaux et à ce titre est ouvert une très grande partie de l'année. Compte tenu de la configuration des lieux (et de la taille très modeste de certaines pièces), le château n'est accessible qu'en visite guidée (il vaut mieux donc se renseigner à l'avance sur les horaires précis). Même si je ne raffole généralement pas de ce type de visite, je dois avouer que la visite commentée m'a apporté ici un éclairage passionnant sur l'histoire des lieux, et notamment sur le mobilier de style anglais, assez atypique dans les châteaux de France. Un petit regret toutefois, c'est l'absence de certaines pièces au circuit de visite : boudoir, cuisines, pièces d'entresol, chambre Directoire, chambre Mariotti... Mais petite consolation tout de même, le projet Google Arts & Culture propose une visite virtuelle des lieux, jusqu'aux toits du château ! Histoire de vous convaincre définitivement de pousser les portes de ce magnifique château !

Visite effectuée en octobre 2016

Vous avez déjà visité ce château ?
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