Château de Châteauneuf-en-Auxois

Châteauneuf (21 - Côte-d'Or)

Bâti sur un éperon rocheux dominant la plaine de l'Auxois, Châteauneuf voit son origine à la fin du 12e siècle, lorsque Jean de Chaudenay, puissant seigneur de la région, confie à son fils le soin de bâtir un nouveau château sur ce site stratégique. D'une simple tour au départ, le domaine s'agrandit peu à peu, et un village vient rapidement s'agglomérer autour de ses murs. Dans la seconde moitié du 14e siècle, la cuisante défaite royale de Poitiers, épisode marquant de la Guerre de Cent Ans lâche sur les routes des hordes d'anciens soldats laissés sans solde et devenus pillards, les fameuses Grandes Compagnies. Afin de se protéger de leurs attaques successives, le château adopte dès lors une architecture plus défensive, que nous connaissons aujourd'hui. En 1455, Catherine, la dernière héritière de la famille de Châteauneuf, éprise de son intendant, empoisonne son second mari. Vite démasquée, elle est condamnée à mort par le Parlement de Paris, qui prononce également la confiscation de la seigneurie de Châteauneuf. Mais voilà, nous sommes en Bourgogne, et le duc Philippe III le Bon ne peut admettre une telle intrusion dans ses territoires. Il saisit donc la seigneurie afin de la confier à son conseiller Philippe Pot, qui ne pourra cependant devenir maître des lieux qu'au bout de quatre longues années de bataille judiciaire. Le nouveau seigneur, déjà propriétaire du château de la Rochepot, est depuis ses quatorze ans au service du duc de Bourgogne, démontrant notamment ses talents de diplomate. Après la mort en 1477 du dernier duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, Philippe Pot se met au service du roi de France Louis XI, qui le nomme alors grand Sénéchal de Bourgogne. Sa fortune faite, il engage alors la reconstruction et l'agrandissement de ses propriétés, les mettant au goût du jour. Après sa mort en 1493, ses héritiers conservent le domaine jusqu'en 1627, date à laquelle il est vendu à Charles Ier de Vienne. Ce dernier n'effectuera que peu de modifications au château, et c'est son fils Henri qui engagera d'importants travaux, réaménageant en particulier le premier étage du logis. À partir de 1749, Châteauneuf passera successivement aux familles Pâris de Montmartel, de Damas et enfin de Vogüé. Donné à l'État en 1936, le château sert d'abri pour les œuvres les plus précieuses du musée des Beaux Arts de Dijon durant la Seconde Guerre Mondiale. Remeublé dès la fin du 20e siècle, il appartient depuis 2008 à la Région.

Philippe pot

Philippe Pot
(1428 - 1493)

 

Infos pratiques
 

  • Accès : le château est situé au cœur du village de Châteauneuf, et qui plus est visible des kilomètres à la ronde. Peu de risques donc de le louper ! Un parking destiné aux visiteurs du village est situé à l'extrémité nord de Châteauneuf.

  • Organisation de la visite : le château est en visite libre avec prêt d'une fiche explicative cartonnée. Même si les différentes salles disposent de panneaux explicatifs, les informations délivrées n'y sont guère développées. Pour en apprendre davantage sur le château et son histoire, il peut être utile de se procurer à la boutique le guide Itinéraires des Éditions du Patrimoine consacré à Châteauneuf. Les photos sont autorisées sans flash.


www.bourgognefranchecomte.fr/chateauneuf

 


Ma visite du château

 

Depuis la plaine qu'il domine, le château de Châteauneuf dévoile son imposante silhouette. Son évolution au fil des siècles est bien visible sur ses façades, marquant une transition forte entre la forteresse défensive et la résidence de plaisance. La cour intérieure du château permet ainsi une belle entrée en matière, dévoilant les différentes époques de construction des bâtiments.

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La visite débute par le grand logis, dont l'entrée donne directement sur la grande salle, la pièce la plus imposante du château, qui est appelée également salle des gardes.  Sur sa partie sud, elle ouvre sur la chapelle, consacrée en 1481 et première réalisation majeure de Philippe Pot dans son nouveau domaine. Son gisant (ou plutôt une copie, l'original étant exposé au musée du Louvre) et ses célèbres pleurants trônent devant l'autel. Toutefois, à la différence de l'original, les pleurants entourent le gisant, mais ne le portent pas.

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Au premier niveau, la moitié nord du grand logis est occupée par l'appartement médiéval. Il s'agit en réalité d'une vaste pièce qui a été cloisonnée avec des pans de bois. Le plus grand espace est ainsi dévolu à la chambre du seigneur, et deux dégagements sont consacrés respectivement à une garde-robe et à une pièce d'eau. Cette dernière, composée de latrines et d'un cuvier pour les bains marque une transition du mode de vie de l'époque, et l'apparition des préoccupations d'hygiène des occupants du château.

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Dans le prolongement de ces appartements, la chambre de Vienne occupe le premier niveau du donjon. Une alcôve, entourée des portraits de Charles Ier de Vienne et de sa femme Marguerite Fauche de Domprel abrite le lit à baldaquin.

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Sur la partie sud du grand logis, le changement de style est radical. Nous entrons dans les appartements du 18e siècle, dont l'antichambre donne accès à une petite, puis à une plus grande chambre. Tout d'abord la chambre jaune, de taille modeste et dont l'espace est occupé par un lit à la polonaise de style Louis XVI. Le baldaquin du lit ainsi que les murs sont tendus d'une toile de Jouy aux teintes particulièrement vives. Aux couleurs plus sobres, la chambre verte est composée d'une alcôve et d'un petit cabinet, ainsi que d'une petite fenêtre ouvrant sur la chapelle.

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De l'autre côté de la cour, le logis de Philippe Pot se compose de deux grandes pièces, récemment restaurées, mais dont les étages supérieurs ont disparu. Il accueille actuellement le centre d'interprétation du château.

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Mes impressions de visite :  ****

Sa majestueuse silhouette dominant la plaine de l'Auxois est une invitation indéniable à en franchir les portes ! Mais attention, les apparences sont parfois trompeuses. Si son enceinte est imposante, seul le grand logis qui représente environ 1/3 du château abrite des intérieurs visitables, ne vous attendez donc pas à découvrir une multitude de salles. Mais malgré cela, la visite est un régal, sans doute parce que l'on passe, au fur et à mesure des pièces, d'une époque à l'autre, et qu'au fil des salles, on perçoit mieux l'évolution des modes de vie du Moyen Âge aux débuts du 20e siècle. Petit bémol toutefois, lors de ma visite, j'ai très moyennement apprécié la présence dans les différentes salles de "figures" d'art moderne, dont on ne comprend pas vraiment ce qu'elles font ici, d'autant que les pièces ne sont pas suffisamment grandes pour les accueillir... Enfin, après la visite du château, un tour dans le magnifique village de Châteauneuf, classé parmi les Plus Beaux Villages de France, s'impose !

Visite effectuée en juillet 2016

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