Château de Pompadour

Arnac-Pompadour (19 - Corrèze) 

Si le nom de Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour, demeure aujourd'hui indissociable du château, celle qui fut la favorite du roi Louis XV n'y mit fort vraisemblablement jamais les pieds, fort plus intéressée par son titre qu'au fief en lui-même. Si l'édifice qui subsiste aujourd'hui date du 15e siècle, les origines du château sont beaucoup plus lointaines... Nous sommes au 10e siècle. Le Limousin est alors divisé en plusieurs vicomtés (Pompadour se situe pour sa part dans la vicomté de Limoges), dont de plus en plus de seigneurs locaux viennent en contester la légitimité. C'est notamment le cas la famille Lastours, possédant déjà des forteresses dans le Limousin et le Périgord, et en lutte ouverte avec les vicomtes de Limoges à qui ils ont repris Hautefort. Ils bâtissent une première forteresse à Pompadour en 1026, qui résistera aux guerres opposant les Plantagenêt aux rois de France, mais qui sera en revanche dévastée par les mercenaires de Richard Cœur de Lion à la fin du 12e siècle. Il faut ensuite attendre le 15e siècle pour que le château soit reconstruit sous l'impulsion des Hélie de Pompadour, issus d'une branche de la famille Lastours. Le nouvel édifice est imposant, bâti sur un plan quadrangulaire, avec cour intérieure, le tout dans un parc protégé par des remparts. En 1614, la terre de Pompadour est érigée en marquisat, le premier titre revenant à Léonard Philibert. En 1684, la lignée des Pompadour s'éteint et en 1726, le marquisat revient au prince de Conti, qui cédera le domaine au roi Louis XV, lui-même l'offrant à sa favorite Jeanne-Antoinette Poisson en 1745. La marquise s'y fait rapidement constituer un haras, faisant venir de ses écuries de Versailles une quinzaine de chevaux. Mais ce projet n'est pas couronné de succès, et de plus, la marquise se montre fortement intéressée par le domaine de Ménars près de Blois. Aussi, elle décide de vendre Pompadour en 1760. L'ensemble du domaine est racheté l'année suivante par le duc de Choiseul, qui l'échangera rapidement contre les terres d'Amboise plus proches de son château de Chanteloup. Le château de Pompadour et ses terres retournent dès lors dans le domaine royal, Louis XV souhaitant y développer un haras d'envergure nationale. La période révolutionnaire sera fatale pour le château. Il est saccagé en 1791 et la moitié de sa surface est abattue en 1794 car jugée trop coûteuse à entretenir par l'administration révolutionnaire... Dans le même temps, l'Assemblée décrète la suppression des haras du roi, qui ne seront reconstitués que sous l'Empire, en 1806. En 1834, un incendie viendra endommager un peu plus ce qu'il reste des bâtiments. Il ne demeure dès lors que l'aile sud du bâtiment, qui fera l'objet de restaurations à la fin du 19e siècle, mais qui sera de nouveau victime d'un incendie en 1906... Au cours du 20e siècle, le château, une nouvelle fois restauré, devient résidence de fonction des cadres du haras, et ce jusqu'en 2003. Les intérieurs du château qui font aujourd'hui l'objet d'un parcours de visite retracent essentiellement cette partie la plus récente de la longue histoire du domaine de Pompadour...

Marquise pompadour

Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour
(1721 - 1764)

 

Infos pratiques
 

  • Accès : le château est situé au cœur du village de Pompadour, faisant face à l'hippodrome. Son accès se fait par le châtelet d'entrée, donnant sur un vaste parking. La gare de Pompadour, desservie par la ligne Limoges - Saint-Yrieix - Brive est quant à elle située à environ un kilomètre du château.

  • Organisation de la visite : le château peut se visiter tout au long de l'année, soit librement, soit par le biais de visites guidées à la belle saison. Un plan du site est remis à l'entrée, et des fiches viennent expliquer brièvement l'histoire de chacune des salles. Les photos sont autorisées durant la visite, sans flash.

  • Le petit plus : Pompadour est incontestablement la cité du cheval en Limousin. Le château ne constitue donc qu'une étape pour découvrir la riche histoire des lieux. Plusieurs forfaits sont ainsi proposés afin de visiter le domaine du château, mais également le domaine de Chignac lui faisant face, et profiter à la belle saison de spectacles équestres.


www.pompadour-tourisme.fr
Picto2 fb pompadourtourisme

 


Ma visite du château

 

Depuis la rue qui longe ses remparts, le château ne se dévoile qu'en partie. Il faut franchir le châtelet extérieur pour mieux percevoir l'imposante façade orientée au sud, l'un des seuls vestiges qui nous parvient du majestueux édifice du 15e siècle. Parfaitement symétrique, elle est composée d'un châtelet encadré de deux logis non alignés. Un chemin de ronde sur mâchicoulis vient couronner le sommet de l'intégralité de la façade.

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La visite des intérieurs débute par l'aile ouest, avec le salon et son parquet en point de Hongrie. Il est orné d'une série de fauteuils Louis XV aux tapisseries reprenant les fables de La Fontaine. Dans son prolongement, la salle à manger faisait partie des appartements d'apparat du directeur des haras aménagés au 19e siècle à la place des anciennes cuisines du château. À l'extrémité de cette aile, la salle basse de la tour de Forville présente un service en porcelaine de Limoges marqué des armes des Pompadour (d'azur à trois tours d'argent), que l'on retrouve également sur les vitraux. Cet ancien petit salon du directeur occupe le rez-de-chaussée de la tour ouest, appelée successivement tour des Comptes puis tour de Forville.

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Toujours du côté de la tour de Forville, on accède au premier niveau du château avec une reconstitution de la chambre du directeur, qui occupe l'ancienne chambre des Comptes. Un étroit couloir sinueux conduit à la salle des tapisseries d'Aubusson, qui ornaient au 18e siècle les appartements de Madame. Parmi les tapisseries exposées, la plus imposante représente une chasse au loup.

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Les pièces situées au niveau du châtelet abritent les chambres des inspecteurs des haras aménagées au 19e siècle et utilisées jusqu'à la fin du 20e siècle. Les anciennes salles à manger abritent quant à elles plusieurs modèles d'uniformes des agents des haras. Enfin, occupant la tour est, dite de la Prison, se dévoile la pièce la plus majestueuse du château, le bureau du directeur et son imposante bibliothèque en bois, réalisée sur mesure en 1865.

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Dans le parc, et en particulier sur la terrasse offrant une vue panoramique sur l'aile sud, le puits présente un intérêt historique majeur puisqu'il est orné d'éléments décoratifs provenant des ailes détruites à la Révolution. Il fait face à l'écurie de la marquise, bâtie au 16e siècle et agrémentée de tours d'angles à la fin du 19e siècle. Cette ancienne écurie de service composée de six box prestigieux abrite également une remarquable sellerie, ainsi qu'une collection de voitures hippomobiles.

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Mes impressions de visite :  ****

Étant originaire de la région, la silhouette imposante du château de Pompadour m'est familière de longue date. J'avais déjà eu l'occasion de le visiter lors de ses premières ouvertures au public au début des années 2000, avec cette appréhension fortement véhiculée localement : "ce château est une coquille vide"... Oui et non... Si vous vous attendez à y trouver les décors de son époque fastueuse où il était propriété de la marquise, alors effectivement, vous serez déçus car il n'en reste rien. Le domaine a fortement subi les outrages du temps et particulièrement des époques troubles qu'il a pu traverser. N'oublions pas qu'il n'était quasiment plus que ruines dans la seconde moitié du 19e siècle... C'est donc une atmosphère beaucoup plus récente que vous allez trouver en franchissant ses portes, davantage axée sur le monde du cheval et sa fonction de résidence des cadres du haras. Douze salles sont ouvertes à la visite dans un circuit assez bien organisé, et qui est complété par les écuries voisines, dont certaines sont toujours en activité. J'avoue en revanche avoir été un peu déçu par le peu de documentation mise à la disposition du visiteur (uniquement des fiches de salles très succinctes)... De même concernant les anciennes ailes du château, aujourd'hui disparues et qui pourraient être davantage abordées, éventuellement avec des visuels in situ... Aussi, pour pleinement profiter du domaine si vous ne choisissez pas la visite guidée, il est fortement conseillé de se procurer le guide de la collection "Itinéraires" des Éditions du Patrimoine consacré au haras de Pompadour, même s'il nécessiterait une actualisation... Une lecture indispensable pour mieux appréhender l'histoire des lieux, et vous convaincre que la visite du château comme de l'ensemble du domaine des haras reste une étape incontournable dans la région...

Visite effectuée en février 2017

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