Château de Blois

Blois (41 - Loir-et-Cher) 

Sur son éperon dominant la Loire, le château de Blois représente à lui seul un condensé de l'histoire architecturale française... Si le site de Blois est occupé par une forteresse dès l'époque mérovingienne, le château qui s'offre aujourd'hui au visiteur trouve ses origines au 13e siècle. De ce château gothique bâti par les comtes de Blois restent de nos jours la tour du Foix, l'imposante salle des États Généraux ainsi que quelques portions de fortifications. Le destin du château bascule dès 1391 : Guy II de Châtillon, dernier comte de Blois décide de céder le domaine au duc Louis Ier d'Orléans, frère du roi Charles VI. De comtal, le château devient dès lors ducal, le début de son ascension ! Durant le 15e siècle, le duc Charles Ier d'Orléans s'y retire et y constitue une cour raffinée, lui valant le surnom de "prince poète". En 1462, son épouse Marie de Clèves donne naissance à Louis II d'Orléans, qui changera le destin de sa famille. Le 7 avril 1498, le roi Charles VIII meurt accidentellement au château d'Amboise, sans descendant. C'est alors que le trône revient à Louis II d'Orléans, cousin du roi défunt, qui deviendra monarque sous le nom de Louis XII. Le château de Blois devient alors château royal... Le nouveau souverain s'attelle alors à le transformer en demeure de plaisance, faisant abattre l'ancien donjon et construire à sa place trois bâtiments et une chapelle. Il confie également la création des jardins du château à Dom Pacello da Mercogliano qui vient d'œuvrer à Amboise. Son successeur sur le trône n'est autre que son gendre et cousin, François d'Angoulême, devenu François Ier. Souverain bâtisseur, son premier chantier sera celui du château de Blois. Il fait tout d'abord constituer une bibliothèque royale, puis transformer le logis royal dans un style Renaissance avec le célèbre escalier à vis côté cour, et l'impressionnante façade des Loges côté jardins. Les différents successeurs de François Ier au trône de France résideront à Blois, confortant ainsi son statut de château royal. Le dernier d'entre eux est Henri IV, qui y entreprend d'ambitieux travaux qui ne seront pas menés à terme après son assassinat en 1610. En 1626, Gaston d'Orléans reçoit de son frère le roi Louis XIII le duché d'Orléans et le comté de Blois. Dès 1634, il fixe sa résidence au château de Blois et entreprend la construction de nouveaux bâtiments de style classique conçus par l'architecte François Mansart, en lieu et place des ailes gothique et Renaissance. Seule l'aile sud, appelée aile Gaston d'Orléans verra finalement le jour. Sous le règne de Louis XIV, le château de Blois se voit peu à peu délaissé, le roi lui préférant Chambord lors de ses séjours en Val de Loire. Au cours du 18e siècle, le château abrite des appartements destinés aux officiers de la Couronne et à des familles nobles, puis devient une caserne dès 1788. Durant la période révolutionnaire, les symboles royaux y sont systématiquement détruits et la collégiale est démolie. Il faut attendre le milieu du 19e siècle pour voir ce joyau amorcer un renouveau. En 1840, le château est classé Monument Historique et en 1843, la ville de Blois qui en est désormais propriétaire engage des travaux de restauration sur l'aile François Ier afin d'y installer un musée. Il s'agit là de l'une des premières restaurations d'ampleur menées en France. C'est l'architecte Félix Duban qui va commencer à œuvrer dans un bâtiment que les années ont laissé dans un piteux état. Différents architectes poursuivront le travail de Duban jusqu'au début du 21e siècle. De nos jours, le château de Blois, qui abrite en partie le musée des Beaux-Arts, constitue une visite incontournable en Val de Loire tant son histoire est riche.

Assassinat duc guise
L'assassinat du duc de Guise par Paul Delaroche (1834)
Musée Condé - Chantilly

 

Infos pratiques
 

  • Accès : le château est situé au cœur de la ville de Blois, assez bien jalonné que l'on soit en voiture ou à pied. En voiture, il est possible de stationner au parking souterrain du château, situé sous le jardin du roi (attention, l'accès n'est pas forcément évident lorsqu'on ne connaît pas la ville). Par le réseau de transport public de l'agglomération blésoise, descendez à l'arrêt "Château" desservi par la quasi totalité des lignes de bus.

  • Organisation de la visite : le château est en visite libre avec un fascicule remis à l'accueil, ou par le biais d'audioguides. Des visites insolites du château sont également proposées ponctuellement. Les photos sont autorisées, sans flash, tout au long de la visite.
     

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Museedefrance

 


Ma visite du château

 

Lorsque l'on aborde le château par les faubourgs de Blois, la première vision est majestueuse. La façade des Loges, dont les loggias superposées donnaient jadis sur les jardins est l'une des réalisations de François Ier. Du côté de l'actuelle place du Château, qui constitue l'ancienne avant-cour de la forteresse, c'est par la façade Louis XII que l'on accède au cœur du château. Le porche d'entrée est surmonté d'une niche où trône une statue équestre de Louis XII, dont l'original attribué à Guido Mazzoni fut détruit en 1792. La statue actuelle est donc une restitution du 19e siècle réalisée par le sculpteur Émile Seurre. La mort de ce dernier peu de temps avant l'installation de la statue alimenta de folles rumeurs selon lesquelles il se serait suicidé pour s'être trompé dans la représentation de l'allure du cheval. En réalité il n'en est en rien : si le cheval lève les deux jambes du même côté, c'est qu'il marche à l'amble !

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La cour intérieure du château est un enchantement pour les yeux. Elle offre au visiteur un panorama quasi complet de l'architecture française depuis l'époque médiévale. Côté est, par où l'on y accède, nous retrouvons l'aile Louis XII. À la différence de sa façade côté ville, cette aile est ouverte d'une galerie qui se prolonge côté sud-est, le long de la chapelle Saint-Calais. Côté ouest, l'aile François Ier est sans conteste l'un des éléments les plus représentatifs de l'architecture Renaissance à la française. Débutée en 1515, elle présente un escalier monumental ouvert, conçu à l'époque comme un élément d'apparat, fait pour voir et être vu. Si aujourd'hui cet escalier apparaît décentré sur la façade, c'est dû à l'édification au 17e siècle de l'aile Gaston d'Orléans côté sud, qui amputa deux travées de l'aile Renaissance. L'aile Gaston d'Orléans, bâtie sur les plans de François Mansart offre un visage résolument classique, qui aurait en réalité dû remplacer l'ensemble des ailes antérieures.

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La visite des intérieurs du château débute par l'impressionnante salle des États Généraux. Il s'agit là de l'une des plus anciennes salles seigneuriales qui demeure en France, et qui doit son nom aux États Généraux qui s'y tinrent sous Henri III. Le décor fut entièrement restauré par Félix Duban vers 1860, reprenant des motifs et des teintes en vogue au Moyen-Âge.

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Les appartements royaux occupent le premier niveau de l'aile François Ier. L'on y rencontre tout d'abord la salle du roi, l'ancienne salle d'apparat des appartements de François Ier, puis dans son prolongement la salle des Valois, où une série de bustes rappelle que cette dynastie donna à la France 13 de ses rois entre 1328 et 1589.

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Côté façade des Loges, on poursuit la visite du château par les appartements de la reine, que l'on rejoint par une somptueuse galerie. Dévolue aux divertissements et réceptions de la Cour, comme en témoigne un précieux clavecin italien du 16e siècle, elle abrite une collection de portraits qui n'est pas sans rappeler celle du château voisin de Beauregard. La chambre de la Reine, très richement ornée porte dans ses décors le monogramme du couple royal, le H de Henri II et les C entrelacés de Catherine de Médicis. C'est ici que cette dernière serait morte le 5 janvier 1589, du moins selon la légende... Donnant directement sur la chambre, l'oratoire de Catherine de Médicis possède des vitraux du 19e siècle. À ses côtés, le studiolo, aussi appelé cabinet de la reine, servait certes de cabinet de travail mais également de cabinet de curiosités. En témoignent notamment les célèbres armoires secrètes de Catherine de Médicis, qui n'abritèrent en réalité que bijoux et autres curiosités, et non les légendaires poisons tels que le romança Alexandre Dumas...

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Au second étage, nous visitons cette fois les appartements du roi Henri III. On y débute par la chambre du Roi, qui, même si les restaurations du 19e siècle ne l'ont pas forcément restitué à son emplacement d'origine, demeure l'un des endroits les plus célèbres de l'histoire de France. Chef de la ligue catholique et instigateur du massacre de la Saint-Barthélémy, Henri de Guise, surnommé "le Balafré" devient très vite le principal rival du roi Henri III. En 1588, ce dernier décide de profiter des États Généraux pour le faire assassiner. Traversant les appartements du roi, le duc de Guise sera terrassé par les coups de poignard des spadassins royaux, avant de s'effondrer au pied du lit du souverain. Le cardinal de Lorraine, frère du duc sera à son tour assassiné deux jours plus tard... On retrouve d'ailleurs dans cette pièce le portrait des trois frères Guise, faisant écho à celui du roi Henri III.

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Clôturant la visite de cet étage, la galerie Duban rend hommage à cet architecte qui mena, au cours du 19e siècle, le chantier titanesque de restauration du château. Son cabinet de travail y est reconstitué, et différentes vitrines témoignent de son caractère précurseur en matière de restauration de monuments historiques, notamment avec l'introduction de la photographie, un concept tout nouveau, comme outil de travail...

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De retour dans les parties extérieures du château, l'aile Louis XII est prolongée par la chapelle Saint-Calais, consacrée en 1508. Au fil des siècles et des travaux qui se sont succédés sur le château, elle s'est retrouvée amputée de sa nef, si bien que l'on ne retrouve aujourd'hui que le chœur. Sa façade est ornée des armes de Louis XII et d'Anne de Bretagne, initiative de Félix Duban lors des opérations de restauration du 19e siècle. Côté terrasse, dominant la ville de Blois, la tour du Foix est l'un des seuls vestiges du château comtal, dont elle constituait une tour d'angle. Son caractère défensif est marqué par la présence d'archères-meurtrières.

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Mes impressions de visite :  ****

Voilà un château qui me faisait envie depuis des années, et que j'ai enfin pu visiter au cours de mon séjour de début d'année en Val de Loire ! Et cette découverte fut à la hauteur de mes attentes, même si je n'ai pas pu profiter pleinement du château (salles exceptionnellement fermées à la visite, d'autres ouvertes mais en travaux et enfin musée des Beaux-Arts fermé faute de personnel ce jour-là...). Peut-être une incitation involontaire à y effectuer une nouvelle visite ! Quoi qu'il en soit, le château de Blois est un condensé d'histoire de France qu'il ne faut pas louper, et représente une introduction parfaite à la visite d'autres châteaux ligériens. La visite s'organise autour d'un parcours muséographique qui s'enchaîne parfaitement avec les salles historiques des appartements royaux. Tout ici est fait pour faire découvrir la riche histoire des lieux, ainsi que celle de ses illustres occupants, avec bien entendu en toile de fond l'histoire de France. Enfin, en parallèle du château, n'hésitez surtout pas à prolonger la visite par une balade dans la ville de Blois, riche d'histoire et pleine de charme...

Visite effectuée en mars 2017

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