Château de Chenonceau

Chenonceaux (37 - Indre-et-Loire)

Certainement l'un des châteaux les plus emblématiques du Val de Loire, Chenonceau est surnommé le château des Dames. Son histoire est en effet intimement liée au destin de femmes d'exception qui marqueront chacune de leur empreinte le château. Le Chenonceau que nous connaissons aujourd'hui témoigne de l'ambition de Thomas Bohier, receveur des finances de François Ier, de faire ériger un château à la hauteur de son statut. Occupé par la campagne d'Italie, c'est son épouse, Katherine Briçonnet qui supervisera les travaux du logis Renaissance, construit sur un ancien moulin fortifié. Mais les ambitions des Bohier deviennent démesurées, Thomas devenu vice-roi de Naples multipliant les abus. François Ier décide alors d'intégrer le château au domaine royal, sans toutefois s'en intéresser réellement, préférant Chambord. En 1547, le roi Henri II décide d'offrir Chenonceau à sa favorite Diane de Poitiers. Celle-ci opérera la première grande modification d'envergure depuis les Bohier par la construction d'un pont sur le Cher. À la mort du souverain en 1559, son épouse légitime Catherine de Médicis chassera Diane de Chenonceau, et récupérera le domaine. Elle parachèvera les desseins de Diane et fera couvrir le pont par une galerie à deux niveaux, donnant au château sa physionomie actuelle. Dans les périodes troubles de la Révolution, Louise Dupin, appréciée des villageois et fervente adepte du Siècle des Lumières sauvera le château, promis à une destruction certaine. Au 19e siècle, Marguerite Pelouze, issue de la bourgeoisie industrielle lancera d'immenses opérations de restauration du château, parfois hasardeuses. Ruinée par ce projet trop ambitieux, elle sera contrainte de le vendre en 1888 au Crédit Foncier. La famille Menier en deviendra propriétaire en 1913, et le possède toujours à l'heure actuelle.

Dianedepoitiers
Diane de Poitiers
(1499 - 1566)

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Catherine de Médicis
(1519 - 1589)

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Louise Dupin
(1706 - 1799)

 

 

Infos pratiques
 

  • Accès : le château est situé dans le village de Chenonceaux, au sud d'Amboise dans la vallée du Cher. En voiture, peu de chances de le louper, puisque son jalonnement est présent dans un très vaste périmètre, jusque sur les axes autoroutiers. Un immense parking est situé à l'entrée même du domaine. L'accès est également aisé en train puisqu'une halte TER de la ligne Tours-Nevers se situe à 150 mètres de l'entrée.

  • Organisation de la visite : le château est en visite libre avec un livret explicatif très bien documenté. Des audioguides peuvent également être mis à disposition des visiteurs. Le sens de la visite est bien matérialisé tant dans le château que dans le parc. À l'intérieur, la configuration des lieux permet de refaire telle ou telle salle au gré de ses envies. Les photos sont autorisées sans flash, des rappels réguliers sont d'ailleurs effectués par hauts-parleurs dans les salles...

  • Le petit plus : outre le château, Chenonceau c'est aussi un vaste domaine qui offre une multitude de lieux agréables à visiter : les jardins d'ornement offrant de magnifiques perspectives sur le château, la ferme du 16e siècle et son potager, la forêt et son labyrinthe, ou encore les bâtiments annexes où ont été aménagés un galerie d'attelages ainsi qu'une reconstitution de l'hôpital de la première Guerre. Des restaurants viennent compléter le tout, si bien que l'on peut aisément passer une journée entière dans le domaine sans en sortir !


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Jardinremarquable

 

 


Ma visite du château

 

La caractéristique principale du château de Chenonceau ne se voit pas de manière immédiate, lorsqu'on l'aborde par l'allée principale de son parc. Il faut pour cela, avant la visite de ses intérieurs, se positionner dans les jardins de Diane pour visualiser la façade est et dans les jardins de Catherine de Médicis pour la façade ouest. Et c'est depuis ces deux jardins que le pont galerie, qui a fait la célébrité du château, se dévoile totalement, donnant une clé de lecture indispensable pour la suite de la visite. Se distingue également, un peu à l'écart du château, la tour des Marques, seul vestige de l'ancienne forteresse et du moulin fortifié sur lesquels le Chenonceau que nous connaissons aujourd'hui a été bâti.

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Le château de Chenonceau s'ouvre sur son avant-cour par une porte monumentale qui donne sur le vestibule d'entrée, réalisé en 1515. Couvert de voûtes d'ogives aux clés décalées, formant un arc brisé, le vestibule donne accès à l'ensemble des pièces du rez-de-chaussée, aux cuisines en sous-sol, au premier niveau de la galerie et à l'escalier menant aux étages.

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Sur la partie est du château, on accède tout d'abord à la salle des gardes, destinée initialement aux troupes chargées de la protection des lieux. Mais cette salle fut essentiellement utilisée comme salle de réception et antichambre pour accueillir les visiteurs. La cheminée porte les armes de Thomas Bohier, qui fit construire le château Renaissance. Une porte donne accès, depuis cette salle, à la chapelle. Elle échappa aux destructions massives de la période révolutionnaire après avoir été transformée en réserve de bois par sa propriétaire de l'époque, Louise Dupin. Les vitraux d'origine, soufflés par un bombardement en 1944 ont été remplacés en 1954.

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De la salle des gardes, une porte ouvre sur la chambre de Diane de Poitiers. Initialement chambre de Thomas Bohier, elle devint dès le 16e siècle la chambre de la favorite du roi Henri II. À la mort du souverain en 1559, son épouse légitime, Catherine de Médicis exigea de Diane la restitution du château, avec comme contrepartie l'obtention du château de Chaumont-sur-Loire. Comme un symbole de la rivalité des deux femmes, c'est le portrait de Catherine de Médicis qui orne la cheminée de cette chambre, semblant ainsi marquer la soumission de l'ancienne favorite face à la reine. La cheminée, œuvre du sculpteur Jean Goujon, porte d'ailleurs les initiales H et C pour Henri II et Catherine de Médicis. Entrelacées, les lettres C de Catherine forment un D comme Diane, comme si ces trois personnages étaient liés pour l'éternité...

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Face à la cheminée de la chambre de Diane, une porte donne sur le cabinet vert et la librairie, qui furent le cabinet de régence de Catherine de Médicis. Elle gouverna ainsi aux destinées de la France depuis ces pièces. Elles abritent une remarquable collection de peintures.

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De la chambre de Diane, un étroit couloir mène à la galerie, qui résulte d'une double évolution du château. Tout d'abord en 1547, Diane de Poitiers fit réaliser un pont sur le Cher afin d'aller chasser sur la rive gauche de la rivière. Puis, en 1576, c'est Catherine de Médicis, désormais propriétaire du château qui fit construire en 1576 une galerie à deux étages sur le pont de Diane. Outre la fonction de salle de bal, ces galeries devaient également relier un nouveau bâtiment que Catherine souhaitait faire construire sur l'autre rive, mais qui ne fut jamais réalisé. Durant les guerres du 20e siècle, cette galerie joua un rôle prépondérant. Durant la première guerre, le propriétaire du château, Gaston Menier y fit aménager un hôpital de guerre. Une plaque rappelle cet épisode à l'entrée de la galerie. Puis pendant la seconde guerre, le Cher marquant la ligne de démarcation, la galerie servit de passage clandestin entre la France occupée et la France libre.

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De retour dans le vestibule d'entrée, la visite se poursuit par les salles du côté ouest. Tout d'abord, la chambre de François Ier où se trouve une monumentale cheminée Renaissance. Cette chambre est marquée des armes et devises de Thomas Bohier. Puis une porte ouvre sur le salon Louis XIV, à dominante rouge et rappellant la visite du Roi Soleil en 1650. À côté de la cheminée sur laquelle figurent la salamandre de François Ier et l'hermine de Claude de France, l'on retrouve le célèbre portrait d'apparat de Louis XIV peint par Hyacinthe Rigaud.

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Avant de rejoindre les étages, un détour par les cuisines en sous-sol s'impose. Installées dans les soubassements des deux premières piles de l'ancien moulin des Marques, elles se composent de plusieurs salles voûtées : l'office, la boucherie, la salle à manger, le garde-manger et la cuisine. Depuis l'office, un pont permet de passer d'une pile à l'autre et rejoint la cuisine proprement dite. Il donne également accès à une plate-forme située dans le lit du Cher et surnommée le "Bain de Diane". Plus prosaïquement, cette plate-forme servait en réalité à l'accostage des bateaux ravitaillant le château. La cuisine fut modernisée durant la première Guerre, avec l'apparition d'une cuisinière à charbon qui trône au milieu de la pièce.

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- suite de la visite ⇒ -

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